Une Lettre à mon Frère
- il y a 3 jours
- 3 min de lecture
Portugal, Porto Covo
Je me balade sur le sentier des Pêcheurs. Je marche avec Calla dans les bras, une dizaine de kilomètres sur les falaises qui longent l'océan. La beauté de lieu ouvre un panaroma champêtre de couleurs de fleur et de roche, odeures iodée, d'immortelles et de Sabina embaument le paysage. Moment idéal pour déposer les pensées, respirer, sentir, regarder, et mieux encore, regarder en soi.
L'esprit s'exprime, trie et invite au voyage, à cette première lettre pour toi, et j'espère non pas la dernière. À chaque fois que je croise l'océan, c'est un souffle qui s'arrête et me traverse. Ton âme vit encore ici, comme je le sens ou l'imagine, dans l'immensité dans laquelle tu es partie, à perte de vue. Un néant rempli.
Je t'ai perdue et je te cherche encore dans les vagues et le large.
L'océan m'a tant nourrie, tant donné depuis que je suis née et t'a repris, je vis avec ça.
J'ai envie de te voir partout, à chaque clapotis, chaque brisure, chaque reflet, comme si tu allais jaillir hors de l'eau, comme un poisson, le poisson que tu étais.
J'ai envie de te sentir comme le vent qui souffle, le soleil qui chauffe et l'énergie de vie qui jaillit.
Je m'accroche à ce que je peux. Pas grand-chose. Seulement l'espoir.
Ceux qui savent disent que nous sommes une seule âme, une même conscience ; qu'il n'y a pas de séparation ; que tu peux nous voir ; que le corps physique n'est qu'un véhicule ; que notre vie sur Terre n'est qu'un passage.
Alors pourquoi tant de mystères dans la vie, quand c'est de l'autre côté que tout est, que tu es. Comment devrions-nous vivre, sachant que le paradis est de l'autre côté de la porte ?
Quelle est l'essence de la vie ? M'a-t-on clairement demandé de vivre ou de survivre ?
Qui a dit que l'on devait travailler cinq jours sur sept avec un quota de vacances ? Pourquoi suivons-nous un système de masse ? Comment laisser la place à l'être plutôt qu'au faire, et simplement être soi ? Changer le dogme.
Celui de la contemplation, du partage et des passions.
Le mental enferme dans les connaissances, le devoir, le faire et la fuite. Comment être totalement présent à soi et à son souffle ?
On m'a donné d'autres visions sur mon parcours, celui de l'arbre de vie. Mais à l'inverse, nous prendrions racine dans les étoiles, dans les cieux, les aires. Des êtres spirituels que nous sommes, venus nous ancrer sur Terre et non l'inverse.
Alors l'instinct, l'intuition, la foi sont déjà là. Ils s'expriment à travers le cœur, le corps, et non la tête.
Oui, l'immensité que tu représentes, que tu m'offres, celle de la mort — intouchable, impalpable, incontrôlable — est celle de la foi. Tu me spiritualises et tu m'éveilles.
Ces mots me blessent, que ta mort est un sens .
Il est si difficile de s'avouer que jai tort, que l'ego et le mental font fausse route.
Je perds le contrôle. Je souhaite être pleinement présente au présent, à toi ; ouvrir les pensées, être vulnérable, laisser souffrir/s'ouvrir.
Et puis s'aimer à jamais.
Tu es partout. Je te cherche encore, J'entends encore ta voix. Elle raisonne. "Pia" .
Quand je vois un grand brun bazane barbu. Je te cherche encore.
J'attends qu'il sourie pour y trouve ta ressemblance, ta joie de vivre qui illuminé a des kilomètres. Et que je ne t'ai jamais dit par pudeur, par inconscience, par jalousie.
J'attends aussi de voir chez les autres l'énergie invisible de ta nature et de la Nature, qui te caractérisé tant.
Enfin, les larmes s'écoulent de temps à autre comme le temps qui file sur la toile de la vie.
Toutes mes pensées s'écoulent à travers ton prisme et celui de Calla, sur le chemin d'une vie plus douce, plus vraie et plus aimante avec mon compagnon et la relance du monde .
Tu me manqueras toujours. Et d'une force si puissante qu'elle continue de me relier à toi à chaque instant
Je t'aime mon frère



Commentaires