Poste mon Post-Partum et plus !
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Le 8 Octobre 2025 Calla est né.
Une dizaine de jours après sa naissance une tempête est venue me secouer et me désancrer. Un tsunami de larmes et de questions m’ont envahi, tout s’est effondré et il a fallu observer en conscience, s’accrocher, rester immobile dans ce chaos inconnu.
Rétrospectivement avant ça : Le Pérou, Janvier 2025, je découvre que je porte la vie en moi, une grossesse surprise juste après la mort de mon frère, dans un couple qui à du mal à s’équilibré. Rien d’idéale en soi pour l’accueil d’un être qui je sais au plus profond de moi va chahuter mon équilibre. Être et devenir maman était l’une de mes plus grandes peurs, d’une part à cause de l’accouchement et d’autre part par peur de perte de liberté.
Cependant, dans ce tableau d’incertitudes, il restait un faisceau de lumière, celle de la confiance et de l’amour que mon compagnon incarne et l’envie depuis la nuit des temps de donner la vie dans une vision d’un monde meilleur, conscient et spirituel.
C’est ainsi qu’après réflexion la grossesse s’incarne et le début du voyage est magnifique. Je n’ai pas trop de symptômes désagréables à part quelques aigreur au premier trimestre. Nous apprenons très vite que c’est un garçon, suit ainsi le deuxième trimestre. Pour l’instant tout va bien et je me sens bien, en pleine forme. Les gens sont forts agréables, aux services, aidants. Je suis complimenté, la grossesse me va bien, il fait beau et chaud, c’est l’été 2025. L’accouchement en suspens, je sais que le bébé devra fatalement sortir un jour ou l’autre et que je vais devoir passer par cette étape.
La vraie question arrive enfin, quel est donc mon projet de naissance ?
Ma sage-femme et le « spirit » du moment ne me laissent pas vraiment le choix. C’est un retour aux sources. L’empuissancement, la femme en plein pouvoir, le passage Vie-Mort-Vie. Accouchement naturel à la maison et sans péri cela va de soi, délivrance du placenta sans hormone, bébé lotus, allaitement minimum 6 mois et quoi d’autre ? ah oui, il faut prévoir la shruti boxe, la playlist, la paille pour boire, du cacao, le tambour, la flûte, les bougies, une doula.
On me demande de l’écrire noir sur blanc.
« J’écris » simplement verbalement et mentalement : Le plus naturellement possible
Le jour J il faudra rajouter la question du monitoring, le contrôle de la dilatation du col de l’utérus, et l’hormone d’ocytocine pour la délivrance du placenta … Est-ce que j’ai oublié des options ? Piscine, maternité Amie des Bébé, ballon, tissu ???? Tout est là, je suis là.
Je rencontre des personnes qui soulignent ma forme olympique, mon niveau de yoga, ma pratique spirituelle et que tout cela devrait faire que je puisse donner naissance de manière naturelle. J’ai l’impression que je n’ai pas vraiment le choix. Certaines personnes croient plus en moi que moi-même et ça me fait du bien car j’ai les pétoches, en même temps j’ai la pression de ne pas les décevoir. Je suis à des années de lumières de la souffrance que je vais traverser (même si je sais au plus profond de mon âme que ca va être plus fort que tout, et sur tous les plans de l’Être)
Je commence ma préparation pour l’arrivée du bébé, yoga, méditation, chant, haptonomie des pratiques qui m’apaisent et m’alignent. Je mets un doigt dans l’univers de la
périnatalité… un trou noir m’aspire, je me retrouve projeter sur le business des couches et de la « perfect » mama, l’algorithme me suit sur les réseaux, on ne voit que du beau et du mieux.
Je suis la transmission de Quantik Mama, Nina Narre, découvre un reportage sur le post-partum, un nouveau champ de vision s’ouvre vers moi et m’inspire/m’aspire.
Le grand jour arrivera à J+5 (cinq jour après le terme), tout se passera très bien, sans fioriture et instrument de musique, ni de cacao sacré ; ça sera l’espace du silence qui se créera en moi, les yeux presque fermés, le regard intérieur et faire face à la douleur, se laisser traverser dans un lâcher-prise et finalement une impuissance, c’est le corps qui parle, qui se met en route, c’est comme une belle destinée, pas de machine arrière pour recevoir le plus beau bébé de la Terre.
Passage obligé par la dilatation du col… 3 … 5… 7 (EMI en approche :)… 8/9/10… protoxyde d’azote en soutien, les mains plantés dans les cuisses et les épaules de mon chéri, les dernières contractions pour faire passer le bébé dans cette dernière épreuve qui est celle de l’anneau de feu dans le marathon de la naissance.
7 heures à la maison, le reste des 8 heures en maternité pour plus de tranquillité d’esprit face au tsunami qui arrive. Le plus fou et difficile est passé, enfin c’est ce que je crois.
Quelques jours hors du temps à la maternité avant de rentrer à la maison, la deuxième vague va arriver et je ne suis pas prête.
Mmmmmhhhh, tiens tiens, qu’est ce que le babyblues ? il faut le vivre pour le sentir. Une chute hormonale et radicale de 1000% des œstrogènes et de la progestérone pour laisser place à la prolactine. Ok. Mais c’est quoi concrètement ? Pour moi un vide considérable, comme si j’étais au-dessus d’un précipice, une falaise, l’envie de pleurer à chaque seconde, le vide énergétique, la perte de la quête de sens et la remise en question de mon choix et de ma vie. Un désancrage totale
Sans oublier les montées de lait, la douleur extrême d’allaité, les premiers pleurs de décharges et colique du bébé … Et je peux dire que j’ai de la chance car la douleur des seins ne sera que de quelques jours et Calla est plutôt zen.
Rajouté quand même qu’il n’y a plus le village pour m’accompagner mais seulement deux superbes grands-mères et un mari. Le reste est à re calculer : divisé le temps de travail, multiplier le temps de repos, mettre en parenthèse certains projets perso/pros, déduire le temps pour soi, rechercher l’équilibre à 3 sans perdre le 2 du couple et ainsi trouver un équilibre saint.
Il y a aussi une face qui ne se montre pas sur les réseaux, les photos de post grossesse, les nuits courtes, les cernes, les premières inquiétudes, l ’irritabilité qui en découlent, la femme louve possessive qui se réveil, les questions de comment composer une nouvelle vie et les choix pour cet être cher.
A nous les femmes
(Et toujours à toi mon frère), à mon mari et à Calla



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